Le Grand Musée du Parfum a Paris : Récit d’un voyage olfactif qui a du nez !

Paris avait déjà son musée de la mode, mais bien qu’elle soit capitale du parfum, la Ville Lumière ne disposait pas encore d’un lieu emblématique du parfum, pour explorer cet élixir à la fois universel et individuel.

Depuis le 22 décembre c’est chose faite, le Grand Musée du Parfum a ouvert ses portes au cœur du 8e au 73, rue du Faubourg Saint Honoré, en face de l’hôtel Bristol, dans un superbe hôtel particulier.

C’est dans un écrin de luxe, que s’est installé un musée comme nul autre : 1 400 m2 dédiés à l’exploration olfactive à travers un parcours pédagogique.

A la différence du musée du parfum de la maison Fragonard, ouvert depuis 1983 à Paris, il n’est pas lié à une marque en particulier et ses organisateurs revendiquant une « approche différente et complémentaire ».

Le Grand Musée du Parfum souhaite sensibiliser ses visiteurs à l‘odorat, un sens souvent négligé et développer ses connaissances dans le domaine du parfum. Le parfum reste très énigmatique de par son mystérieux processus de création et nourrit ainsi une grande curiosité de la part du public.

Il souhaite offrir offrir aussi à chacun l’opportunité de mieux décrypter cet univers et cet art singulier : l’intention artistique du parfumeur et le processus créatif qui en découle.

Bien plus qu’un simple retour sur l’histoire du parfum, le musée a choisi d’offrir une immersion dans les effluves les plus raffinées. Bergamote, parfum de rose ou de jasmin et où chacun est amené à découvrir, reconnaître et jouer avec les parfums, pour mieux les apprécier.

A la fois interactif et ludique, tel un laboratoire, le musée se déploie sur trois étages où vous respirerez le parfum dans tous ses états : l’histoire, la compréhension des odeurs et enfin la création de parfum.

Nous n’avons pas été pas été déçus par la visite ;

Un voyage au Pays des Odeurs et de l’invisible !

Niveau 1: De l’Antiquité jusqu’à l’avènement de la parfumerie contemporaine

La visite débute au sous-sol où l’histoire du parfum nous est contée, nous avons pu découvrir ainsi la diversité des usages et vertus du parfum à travers les époques.

Dédié au culte, le parfum a été inventé en Égypte et s’est d’abord présenté sous forme de fumigation, comme l’indique son étymologie latine – per fumum, à travers la fumée – indique une nature immatérielle et évanescente.

L’accent est porté sur les différents usages et vertus du parfum, ses propriétés rajeunissantes ou toxiques, de l’Antiquité à nos jours, du kyphi, parfum solide des pharaons, reconstitué grâce aux hiéroglyphes, aux toutes dernières créations disponibles.

C’est aussi une histoire de séduction qui nous a été contée, ou comment le parfum a joué un rôle dans l’histoire de Marc-Antoine et Cléopâtre.

Les dispositifs olfactifs  ponctuent ce parcours et nous avons pu sentir les odeurs du passé comme celles du Kyphi ou la célèbre Eau de la Reine de Hongrie (1370) aux vertus de jouvence.

Assurément, nous ne nous parfumons plus aujourd’hui comme hier !

Une salle voûtée nous a dévoilé des parfums aux vertus protectrices, curatrices ou rajeunissantes et des flacons nous ont illustré  le rapprochement qui s’est effectué dès 1930 entre la Couture et le parfum .

Le fameux « numéro 5 » est ainsi né  de la rencontre entre Gabrielle Chanel et Ernest Beaux. La créatrice était à la recherche de quelque chose qui sublime la couture, la robe, la toilette , comme un accessoire supplémentaire.

Niveau 2 : Une Immersion sensorielle garantie

 

Le visiteur est invité à cet étage dans l’univers de la chimie des odeurs et des mystères de l’olfaction; Le but du parcours est donner conscience le caractère essentiel de ce  5ième sens tant méconnu et pourtant porteur d’informations et d’émotions et de nous faire comprendre comment une odeur se crée.

Des poires étranges permettent d’inhaler les odeurs et un bouquet de roses ouvre la porte de la chimie du parfum.

Nous avons pu sentir  ainsi l’odeur naturelle de la rose, constituée d’au moins 400 molécules qui peuvent être remplacée par 3 éléments de synthèse en laboratoire. On hume l’odeur d’une des flasques, qui nous rappelle le clou de girofle et avec étonnement nous avons constaté que cette odeur est très présente dans celle de la rose.

Nous avons pu découvrir aussi ,le lien entre odorat et émotions, comment notre mémoire retient les odeurs. Des écrans nous guident pendant ce parcours  de la réception au cerveau jusqu’à celle des narines.

Niveau 3 : L’art du parfumeur

L’idée de ce musée est aussi de rendre hommage au parfumeur, car un « nez » est un artiste à part entière souvent éclipsé par ses créations. Aussi, le troisième niveau du musée  est consacré à l’art du parfumeur, à ses matières premières et à son art  .

Le visiteur découvrira ici la collection de matières premières du parfumeur et son extraordinaire mémoire olfactive : une bibliothèque d’odeurs qu’il ne cesse d’enrichir tout au long de sa vie.

Ici, vingt-cinq sphères à portée de main recèlent chacune une matière première de la parfumerie celles que l’on n’a jamais l’occasion de sentir à l’état pur. En soulevant une petite sphère, celle-ci diffuse une odeur, celle du vétiver par exemple.

Sur des écrans, pas loin, des maîtres de la parfumerie répondent aux idées reçues ou à des questions que se pose le public.

Le parfum se conçoit comme une symphonie olfactive, l’orgue à parfum  riche  de  250 essences nous a étonné et surpris à la fin de ce voyage étourdissant .

Cet orgue vient symboliser chacun des ingrédients qui composent le parfum,une véritable représentation métaphorique du travail des parfumeurs, par un jeu de sons et lumière .

En fin de visite nous pouvons vous assurer  que ce musée permet de presque tout savoir sur la mélodie si prisée des fragrances.

Le Grand Musée du Parfum a ainsi surtout une mission de sensibilisation aux richesses de cet art millénaire et de préservation de ce patrimoine immatériel.

« Ce musée unique au monde, nous ne pouvions envisager qu’il naisse à l’étranger, il devait être français. Nous sommes désormais l’Onu des parfums », conclut son président, Guillaume de Maussion.